Du sang sur le sable de Robert Karjel

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Auteur : Robert Karjel – Traduction : Lucas Messmer -Edition Denoël, collection Sueurs froides-  Parution : 02/11/2017 – 512 pages – Prix :  22.50€ – Genre : policier

Quatrième de couverture :

Djibouti, au creux de la corne de l’Afrique. Un soldat suédois est tué sur un champ de tir. Les services secrets envoient l’agent Ernst Grip pour faire la lumière sur cette mort suspecte, mais sa présence n’est pas du goût de tout le monde.
Pendant ce temps, une famille de quatre Suédois naviguant non loin de là, dans le golfe d’Aden, est capturée par des pirates somaliens. Leur vie est en danger, la pression monte pour le gouvernement, et c’est ainsi qu’Ernst Grip se retrouve bombardé négociateur et doit traiter avec les pirates.
Pour résoudre ces deux affaires, Ernst Grip comprend qu’il va devoir recourir à des méthodes peu orthodoxes. Mais peut-on se permettre de rester dans les limites de la loi et de la moralité quand des vies humaines sont en jeu?  Continuer la lecture de « Du sang sur le sable de Robert Karjel »

Qui a peur de la mort ? de Nnedi Okorafor

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Auteur : Nnedi Okorafor – Traduction : Laurent Philibert-Caillat – Couverture : Travis Davids – Edition ActuSF –  Parution : 05/10/2017 –  401 pages – Prix : 16 € – Genre :  SF, post-apocalyptique, conte – World Fantasy 2011 du meilleur roman et Prix Imaginale du meilleur roman étranger 2014

 

Quatrième de couverture :

Afrique, après l’apocalypse. Le monde a changé de bien des façons, mais il est une région où les génocides intertribaux continuent d’ensanglanter la terre.
Une femme survit à l’anéantissement de son village et au viol commis par un général ennemi.
Elle erre dans le désert dans l’espoir d’y mourir,
mais donne naissance à une petite fille dont la peau et les cheveux ont la couleur du sable.
Persuadée que son enfant est différente, extraordinaire, elle la nomme « Onyesonwu », ce qui signifie, dans une langue ancienne : « Qui a peur de la mort ? »
À mesure qu’Onye grandit, elle comprend peu à peu qu’elle porte les stigmates physiques et sociaux de sa violente conception. Des pouvoirs magiques aussi insolites que remarquables commencent à se manifester chez elle alors qu’elle est encore enfant. Sa destinée mystique et sa nature rebelle la poussent à quitter son foyer pour se lancer dans un voyage qui la forcera à affronter sa nature, la tradition, l’histoire, l’amour, les mystères spirituels de sa culture, et à apprendre enfin pourquoi elle a reçu le nom qu’elle porte.

 

Mon avis :

J’avais eu de nombreux échos positifs  de ce livre lors de sa première publication aux Editions Eclipse. Depuis cette maison d’édition a disparu et les éditions Actusf ont décidé de re publier ce roman cette année. Cette fois-ci, j’ai cédé à la curiosité.

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre ayant survolé la quatrième de couverture et je n’ai pas été déçue, car dès le début le récit m’a happée. L’histoire se situe après une apocalypse, mais les traces de celle-ci sont peu nombreuses au départ. Il pourrait tout simplement s’agir d’un récit qui se passe en Afrique subsaharienne aujourd’hui. L’histoire d’une jeune fille, Onyesonwu, qui essaie de grandir tout en étant différente des gens de son village et donc rejetée par ceux-ci. Avec sa mère, elles s’y sont réfugiées, chassées par les massacres des Okekes perpétrés par les Nurus. Onyesonwu est une preuve vivante de ces exactions, elle est née du viol de sa mère par un Nuru. S’ajoute à tout cela, les enfants soldats, l’excision. Le tableau est dressé.

La présentation que je viens de faire est un peu caricaturale et ne rend pas justice  au livre. L’histoire est présentée un peu comme un conte et ces différents éléments sont abordés au fur et à mesure. Les horreurs s’entremêlent avec la beauté du désert. En effet,  si le récit parle beaucoup de violence, il est aussi très poétique. Le style est assez unique.

Elle se leva et me prit dans ses bras. Nous pleurâmes et sanglotâmes et gémîmes et versâmes bien des larmes. Et lorsque nous eûmes terminé, nous ne pûmes que continuer à vivre.

L’héroïne Onyesonwu l’est tout autant. Elle est Ewu, enfant d’un Nuru et d’une Okeke. La couleur de sa peau  la désigne comme différent. Les gens la rejette et lui  attribue les pires comportements, sans la connaître. Comment grandir dans ces conditions ?

L’histoire aurait pu se suffire de ce sujet, mais elle prend une dimension fantastique avec les pouvoirs d’Onyesonwu et sa destinée. Mais je ne vous en dis pas plus, à vous de découvrir ce terrible destin.

Pour  conclure, 

j’ai vraiment aimé cette lecture très riche et parfois difficile. Les thèmes abordés ne peuvent laisser indifférent. J’ai beaucoup apprécié le style de l’auteur. Seul bémol, une fin un peu précipitée par rapport au rythme du livre.

Ce qui n’est pas vivant n’est pas forcément mort. Il faut avoir vécu pour être mort.

D’autres avis chez : BlackwolfTigger Lilly, Cornwall, Naufragés volontairesLelf…

SFFF n°2

Colère Noire de Jacques Saussey

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Auteur : Jacques Saussey – Edition French pulp-  Parution : 05/01/2017 –  524 pages – Prix : 9.50 € – Genre : policier

 

Quatrième de couverture :

Quand la proie est plus redoutable que le prédateur! Un industriel est retrouvé mort dans sa baignoire et les premiers éléments accréditent la thèse du suicide. Mais pour le capitaine Daniel Magne, il s’agit d’un meurtre. Reste à trouver le coupable et c’est le début d’un jeu de domino mortel qui se met en place. Chaque suspect devient victime et les morts se succèdent. De Paris à New York en passant par l’Afrique du Sud, l’enquête s’annonce pleine de rebondissements et truffée de périls pour Magne et sa coéquipière Lisa Heslin.

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Délivrez-moi ! de Jasper Fforde

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Auteur :Jasper Fforde  – Traducteur : Roxane Azimi – Edition : 10/18 – Parution : 01/06/2006 –   444 pages – Prix : 8.80 € – Genre : fantastique, policier

Quatrième de couverture :

Thursday Next, détective littéraire et agent des OpSpecs, bénéficie d’un repos bien mérité après être rentrée dans l’intrigue du roman Jane Eyre grâce au portail de la prose et en avoir sauvé l’héroïne. Elle a aussi retrouvé l’homme de ses rêves, Landen, et comme un bonheur n’arrive jamais seul, la voilà enceinte ! Seulement, la corporation Goliath ne l’entend pas de cette oreille, et pour la contraindre à libérer le criminel qu’elle a enfermé dans un poème de Poe, le groupe tout-puissant fait éradiquer son mari de la réalité – il serait mort dans un accident de voiture à l’âge de deux ans !
Seule Thursday se souvient que Landen a un jour existé… Mais maintenant que le portail de la prose a disparu, la jeune femme va devoir subir un entraînement spécial à la jurifiction – la police interne des livres – avant de pouvoir reprendre ses voyages à l’intérieur des chefs-d’oeuvre de la littérature.

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Les griffes et les crocs de Jo Walton

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Auteur :Jo Walton  – Traducteur : Florence Dolisi – Edition : Denoël, collection Lunes d’encre – Parution : 21/09/2017 –   400 pages – Prix : 21.90 € – Genre : fantasy

 

Quatrième de couverture :

Bon Agornin repose sur son lit de mort, à proximité de son trésor. Il vit ses derniers instants et toute sa famille est là : son fils Penn, qui est prêtre ; sa fille Berend, qui a fait un beau mariage ; Avan, qui suit son petit bonhomme de chemin à Irieth ; Haner et Selendra, les cadettes. Bon Agornin tient absolument à se confesser à son fils aîné. Il veut partir absous de ses péchés, d’autant que ceux-ci sont immenses : afin de pouvoir devenir un dragon de soixante-dix pieds de long, capable de voler et de cracher du feu, Bon a dévoré son frère et sa soeur. C’était une autre époque , se justifie-t-il, avant de mourir. Avant d’être dévoré à son tour par ses héritiers, comme le veut la coutume chez les dragons

Mon avis :

J’ai commencé à lire les livres de Jo Walton dès les premiers traduits et depuis je n’arrête plus. J’avoue que la présentation de Les griffes et les crocs m’a beaucoup intriguée, car il semblait radicalement différent de ses autres livres. Finalement, on retrouve pas mal de point commun.

« Radicalement différent » car ici, il est question de dragons. Attention, pas le dragon qui interagit avec les humains, non, des dragons qui ont des histoires entre dragons, qui portent des robes, travaillent, se marient… Il faut donc s’habituer dans un premier temps à cette ambiance un peu particulière. Passé cela, j’ai découvert une histoire à la Jane Austen (oui vous avez bien lu, Jane Austen chez les dragons).  Les problématiques rencontrées par les dragonnelles sont les même que les jeunes anglaises de l’époque victorienne : avoir une bonne réputation, une belle dote afin de faire un mariage convenable. Ici le risque est plus flagrant, les dragonnelles pouvant finir dévorées… L’auteur a retranscrit les codes de l’époque dans le monde des dragons et les appétits humains, en appétits plus visibles : les plus faibles se font manger par les plus forts.

Je ne rentrerai très en détail dans l’histoire à proprement parlé. Bon Agornin vient à mourir, ce père de famille qui s’est élevé dans la société par le travail, a 5 enfants : un fils prêtes, un fils qui travaille dans les affaires, une fille déjà mariée (dont la dote a bien puisé dans le trésor familiale) et deux autres jeunes filles encore à marier. Que va-t-il se passer à sa mort, que vont devenir les différents protagonistes ? Là je vous laisserai lire le livre.

J’évoquais des points commun avec les précédents romans de Jo Walton (précédent dans l’ordre de parution en France). On retrouve la même ambiance, un peu insouciante, avec des personnages féminins souvent naïfs et démunis. Les mêmes thèmes sont abordés comme la place de la femme dans la société, ou encore l’éducation et les conditions de vie/droit des personnages en fonction de leur naissance. L’auteur dénonce encore plus ces différents points en utilisant les dragons.

Pour conclure, j’ai apprécié cette lecture, même si parfois j’ai été gênée par l’ambiance un peu naïve du roman. L’utilisation de cette société de dragon à la sauce victorienne est vraiment surprenante, d’autant plus qu’elle véhicule de nombreux messages.

« Vous avez pris ce détail pour argent comptant, car vous êtes d’aimables lecteurs.
Vous ne faites pas partie de ceux, cruels et voraces, qui se rendent parfois au siège des éditeurs pour déchiqueter et dévorer les auteurs qui les auraient contrariés.  » 

D’autres avis chez : Nanet, Bouch‘, Dup, Albédo