Quelques instants de lecture n°46 février/ mars/avril 2021

Quelques instants de lecture est un rendez-vous mensuel, proposé sur mon blog, qui se tient le 1er jour de chaque mois.

Son objectif est de partager nos photos de livres, de moments de lecture, du mois passé, mis en scène (ou pas). Vous pouvez taguer les photos avec : #QQInstantsLecture.

Petit rattrapage des derniers mois, avec des lectures qui ont un peu pris leur temps, une que j’ai même arrêtée, une autre que j’ai failli. Heureusement d’autres ont été dévorées. Elles ne sont pas toutes là. J’ai eu le plaisir de lire aussi de beaux livres. Continuer la lecture de « Quelques instants de lecture n°46 février/ mars/avril 2021 »

Une aventure de Maître Li et Boeuf Numéro Dix, tome 1 : La magnificence des oiseaux de Barry Hughart [LDPA]

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Auteur : Barry Hughart  – Traducteur : Patrick Marcel  – Editions : FolioSF – Parution : 26/09/2013 (pour cette édition) –  402 pages – Prix : 8.60€  (poche)– Genre :  Conte, Fantasy

Quatrième de couverture :

Pour lutter contre une épidémie pour le moins singulière – puisqu’elle sait compter et ne touche que les enfants de son village –, Bœuf Numéro Dix se rend à Pékin, le jour de son dix-neuvième anniversaire. Là, il rencontre un vieil alcoolique, un sage qui, bien des années auparavant, fut célèbre sous le nom de Maître Li. De retour au village de Kou-fou, tous deux découvrent sans mal que Fang le Prêteur sur gage et Ma le Grigou ont empoisonné les enfants par erreur. Les deux coupables ont pris la fuite, mais il reste à guérir les enfants…
Ainsi commence la première enquête de Bœuf Numéro Dix et Maître Li, dans une Chine qui ne fut jamais.

Narrée avec beaucoup d’humour, récompensée par le World Fantasy Award, cette aventure délirante et trépidante – où les personnages principaux échappent à la mort à chaque chapitre – ravira autant les amateurs des enquêtes du juge Ti que les lecteurs assidus de Terry Pratchett.

Mon avis:

Encore un livre qui dormait gentiment dans ma PAL et que ma partenaire de challenge Livra’ deux pour pal’Addict, m’a fait dépoussiérer, Mypianocanta. Dans la rubrique petite histoire d’acquisition, c’est un livre dont j’avais entendu beaucoup de bien et qui me faisait de l’œil à force d’en entendre parler, même si je ne savais pas du tout de quoi il traitait. Coup de chance, une amie blogueuse me l’avait offert pour mon anniversaire.

Petite lecture de la quatrième de couverture avant d’attaquer le récit, histoire d’avoir une idée du type d’histoire. Elle me vente un mélange des enquêtes du juge ti et de Pratchett, tiens donc, surprenant.  Je commence donc, assez curieuse, j’aime bien les histoires de fantômes chinois (mais je ne les connais qu’à travers les films…). Je n’ai jamais lu d’enquête du juge Ti, mais je connais de nom, Pratchett oui ça va je connais (même si la huitième couleur ne m’a pas trop plu).

Pourquoi est-ce que je raconte tout ça? Eh bien, parce qu’on a affaire à ce qui ressemble vraiment aux contes chinois, avec les effets de répétitions, les scènes cocasses. Certes le récit est bien mené, la plume de l’auteur sert le récit. Mais, je n’ai pas vraiment accroché. Je l’ai lu jusqu’au bout, la fin est poétique. Mais la magie n’a pas pris et j’arrêterai ici ma lecture des aventures de Maitre Li et Boeuf Numéro Dix. Je suis un peu déçue, mais on ne peut pas tout aimer, tant pis.

Prends un grand bol, lui ai-je dit. Remplis-le à mesures égales avec des faits, de l’invention, de l’Histoire, de la mythologie, de la science, de la superstition, de la logique et de la folie. Assombris le mélange avec des larmes amères, éclaircis-le par des hurlements de rire, rajoutes-y trois mille ans de civilisation, crie bien fort kan pei — ce qui signifie cul sec — et bois jusqu’à la lie. » Procope me regarda. « Et je serai sage ? » me demanda-t-il. « Bien mieux que cela, lui rétorquai-je. Tu seras chinois.

D’autres avis chez: Blog-o-livre, Zina, Livrement

 

[BLOG TOUR] Bureau fédéral de la magie, tome 1 : Une furie en ville de Annabel Chase

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Auteur : Annabel Chase  – Traductrice : Delhia Alby  – Editions : Alter Real – Parution : 29/01/2021 –  240 pages – Prix : 5.99€  (Ebook)– Genre :  Urban Fantasy

Quatrième de couverture :

Une famille exaspérante mais aimante ? Check. Une petite ville pittoresque et un chef de police sexy ? Check. Un chien des Enfers abandonné, un chat noir au sale caractère, et un python de compagnie qui se prend pour un chiot ? Triple check. Mon histoire vous rappelle un conte de fée un peu cul cul la praline ? Raté ! Il y a un léger détail… Je suis maléfique. Ma nature et mon éducation devraient faire de moi quelqu’un de mauvais, mais je lutte contre cette facette de ma personnalité de toutes mes forces. Tout ce que je désire, c’est vivre une vie normale. J’ai même rejoint le FBI et non le Bureau Fédéral de la Magie, comme j’aurais dû le faire. Mais mes pouvoirs en ont décidé autrement, et l’Agence m’a renvoyée dans ma ville natale pour combattre les crimes magiques. Me voilà de retour à Chipping Cheddar, au milieu de ma famille – maléfique, bien entendu -, un nouveau job sur les bras, et les casseroles de mon passé derrière moi. Oh, j’ai oublié, en plus, il y a un cadavre. Et il ne s’agit pas d’un accident. Donc, bienvenue dans mon monde !

Mon avis :

Pour apporter un peu de peps et de gaité à une actualité pas toujours très drôle, je participe au blog tour organisé par Between Dreams and Reality avec les Editions Alter Real. L’occasion de découvrir et de vous faire découvrir une autrice que je ne connaissais pas, Annabel Chase. Je l’ai classé en Urban Fantasy, mais c’est plus précisément du « cozy paranormal ». Moui c’est à dire (ça c’est ma petite voix intérieur)? En gros c’est léger, ça se lit facilement et il y a du paranormal. Parfait pour se détendre.

Alors contrat rempli?

Ca commence à toute vitesse, une poursuite de vampire et voilà les talents de furie d’Eden découvert. Pas le choix, elle doit quitter son poste au FBI pour rejoindre le FBM (avec un M comme magique) dans sa ville natale. Alors le retour dans la ville natale, ça fait penser tout de suite au téléfilm de noël… oui mais non. Elle va bien croiser un ancien amour de lycée, mais là pas de retour en arrière.  Je vous rasure, il y aura quand même un beau gosse dans l’histoire, ça ne fait pas de mal.

Ce qu’il y a de vraiment bien dans cette ville (mise à part une série de meurtres et par conséquent une enquête à mener et j’aime bien les enquêtes), c’est qu’il y a la famille d’Eden. Et c’est le principale intérêt de ce livre. Entre une grand-mère sadique, une mère sorcière, une nièce qui a un énorme serpent et qui a l’air tenté de torturer des animaux… on ne s’ennuie pas. Le tout parsemé d’une bonne dose d’humour.

Seul bémol, ce livre se lit un peu trop vite justement. Les personnages sont bien développés, mais l’histoire aurait pu l’être un peu plus. L’enquête est un peu trop rapide à mon goût.

En tout cas, la promesse d’un bon moment a été respecté et le fun était là.

— Cette voiture est maudite ? demanda grand-mère.
Je la regardai dans le rétroviseur.
— Non, pourquoi ?
— Donc, pourquoi elle ne dépasse pas les soixante-cinq kilomètres heure ?
— Parce que je suis dans une zone limitée à quarante, répliquai-je.
— Et alors ? Tu es un agent fédéral. Tu as une dérogation.
— Il y a des familles qui sont en train de se promener, protestai-je.
— Dix points pour ce gosse avec le gilet, gloussa-t-elle. Aucun parent sain d’esprit ne devrait habiller un enfant avec un gilet pareil.
(…)
Je m’engageai dans le parking de la résidence pour seniors.
— On est arrivées, annonçai-je, heureuse de changer de sujet.
— Prends la place pour handicapés, m’intima-t-elle.
— Non, je n’ai pas d’autocollant.
— Je suis ton autocollant.
— Grand-mère, tu n’es pas handicapée.
— Bien, alors sors un de tes clubs de golf du coffre.
— Je n’ai pas de clubs de golf.
Je marquai une pause, quelque chose me titillait.
— Pourquoi tu as besoin d’un club de golf ?
— Ça t’aidera à résoudre le problème du handicap.
— Je ne vais pas t’exploser les genoux avec un club, répliquai-je, exaspérée.
— Ce n’était pas à moi que je pensais…
Argh.

Quelques instants de lecture n°45 janvier 2021

Quelques instants de lecture est un rendez-vous mensuel, proposé sur mon blog, qui se tient le 1er jour de chaque mois.

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Un mois de janvier très éclectique avec de la SF, du récit de guerre et pas mal d’urban fantasy.

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Le feu de Henri Barbusse

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Auteur : Henri Barbusse    – Editions : Le livre de poche  – Parution :  1916 (pour la première édition chez Flammarion)– 412 pages – Prix : 6.60€  – Genre :  historique, témoignage

Quatrième de couverture :

Les années 1915 et 1916 ont marqué, pour Henri Barbusse, des dates décisives. C’est en 1915 qu’il a vécu Le Feu dans les tranchées du Soissonnais, de l’Argonne et de l’Artois, comme soldat d’escouade, puis comme brancardier au 231e régiment d’infanterie où à s’était engagé. C’est en 1916, au cours de son évacuation dans les hôpitaux, qu’il a écrit son livre. Celui-ci, publié par les Editions Flammarion à la fin de novembre, remportera aussitôt après le prix Goncourt. Le Feu est considéré depuis près de trois quarts de siècle dans le monde entier comme un des chefs-d’œuvre de la littérature de guerre, un des témoignages les plus vrais et les plus pathétiques des combattants de première ligne. Témoignage impérissable aussi : Le Feu, traduit dans la plupart des langues, continue de susciter chez les jeunes un immense intérêt. Le Feu est suivi du Carnet de guerre qui permet de remonter aux sources mêmes de la création du roman épique d’Henri Barbusse.

Mon avis:

Sans doute l’un des livres les plus anciens de ma pile à lire, à tel point que la tranche en est complètement jaune et que la couverture à l’intérieur est jaunie également. Je pense que je l’ai choisi sur les conseils de mon grand-père, en librairie, il y a  près de 25 ans…  Mais les livres sur la guerre, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé et je ne l’avais jamais ouvert. Heureusement le challenge Livra’deux pour pal’Addict est passé par là et Mypianocanta m’a proposé de le lire. J’ai sauté sur l’occasion, histoire d’enfin le lire, de repenser à un bout de l’histoire familiale.  Ce ne fût pas une lecture facile, ni légère, mais je suis vraiment contente de l’avoir lu.

Le début dénote par rapport au reste du roman, il m’a d’ailleurs plutôt refroidis. En effet, il commence dans un sanatorium où se trouve des combattants en convalescence.  Leur discours est plein d’emphase, allégorique. Je pourrais continuer avec les adjectifs, mais j’ai clairement bloqué sur le style.

Heureusement pour ma lecture, ce ton s’est allégé, remplacé par la précision pour décrire les horreurs de la guerre des tranchées. Il y avait toujours quelques tirades enflammées, mais soit je me suis habituée au style, soit le ton s’est rapproché d’un discours plus simple, plus précis, plus cru. La boue, la crasse se sont imposées. L’irréalité de cette guerre, son absurdité.

L’auteur ne fait pas que décrire la vie dans les tranchées, rythmée par les montées au front, l’inaction, le repos. Il dénonce la guerre, son absurdité, mais aussi l’injustice entre poilus dans la gadoue et officiers planqués. Il donne vie à l’incompréhension, le décalage aberrant, qui existe entre ceux qui sont en première ligne et la France qui continue de vivre, ne voyant que les images de guerre  héroïque, relatées par la presse.

J’ai étudié tout cela en histoire, j’en ai un peu entendu parler mon grand-père car il était passionné par les récits de guerre, mais il y a longtemps. Cette lecture m’a rappelé ce pan d’histoire, pas si lointain. Elle m’a donné envie de me repencher sur une partie de mon histoire familiale, car si mon grand-père me parlait de la guerre, il ne me parlait pas de l’histoire de son père qui était artilleur.

Donc, merci Mypianocanta d’avoir déterré ce livre, dont la lecture a trouvé une résonnance particulière chez moi.

— Ils te diront, grogna un homme à genoux, penché, les deux mains dans la terre, en secouant les épaules comme un dogue : « Mon ami, t’as été un héros admirable ! » J’ veux pas qu’on m’ dise ça !
Des héros, des espèces de gens extraordinaires, des idoles ? Allons donc ! On a été des bourreaux. On a fait honnêtement le métier de bourreaux. On le r’fera encore, à tour de bras, parce qu’il est grand et important de faire ce métier-là pour punir la guerre et l’étouffer. Le geste de tuerie est toujours ignoble — quelquefois nécessaire, mais toujours ignoble. Oui, de durs et infatigables bourreaux, voilà ce qu’on a été. Mais qu’on ne me parle pas de la vertu militaire parce que j’ai tué des Allemands.