Célestopol de Emmanuel Chastellière

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Auteur : Emmanuel Chastellière – Couverture : Marc Simonetti – Edition de l’instant –  Parution : 30/05/2017 –  342 pages – Prix : 22.50 € – Genre : steampunk,  nouvelle, SF

 

Quatrième de couverture :

Célestopol, la cité lunaire, la perle de l’Empire Russe, la ville de toutes les démesures, où toutes les technologies de ce XXème siècle naissant se combinent pour créer la métropole ultime. Célestopol, où à chaque coin de rue, la magnificence de ses merveilles architecturales rivalise avec l’éblouissement que provoquent ses automates affectés à mille et une tâches. Célestopol et ses canaux de sélénium dont la brume mordorée baigne en permanence la lumière des réverbères. Célestopol, la ville sous dôme, le défi ultime de l’humanité lancé aux étoiles.

Célestopol la rebelle, l’insoumise. Célestopol, où chaque habitant porte en lui une colère, un amour, une tristesse, une vengeance. Célestopol et son duc extravagant, aux pouvoirs sans limites, dont la simple présence est une insulte adressée à chaque instant à l’autorité de la Tsarine. Célestopol, en quête de liberté et d’émancipation, loin d’une Terre qui menace de sombrer dans les flammes.
Célestopol, la ville qui a arraché un peu de l’âme de toutes les Russies et l’a posé sur la Lune.

Mon avis :

J’ai vraiment aimé Le village, aussi étais-je motivée pour découvrir la nouvelle publication d’Emmanuel Chastellière. Cette fois-ci, il nous propose un recueil de nouvelle, ayant pour thème la cité lunaire Célestopol. J’ai retrouvé mon partenaire de lecture commune pour l’occasion : Blackwolf.

  • Face cachée

Cette nouvelle introductive donne un aperçu du monde complexe de Célestopol. Le sujet de la nouvelle est une course de bateau, mais de « bateaux » au style steampunk, qui naviguent dans l’espace. Sur cette trame de SF, le ton est à l’enquête policière : quelles sont les interactions entre les différents protagonistes ? Y-a-t’il des espions dans les équipages ? L’auteur prend le temps de poser son histoire et de présenter les différents personnages. Un petit bémol sur le rythme du récit, qui est déséquilibré. Après avoir pris son temps pendant les 2/3 du récit, la fin est précipitée sur le dernier tiers. Mais cela reste tout de même une bonne introduction, qui donne envie de lire la suite.

 

  • La chambre d’ambre

L’auteur nous emmène ici  dans une chasse aux trésors, à la recherche de la chambre d’Ambre ! Cette nouvelle assez courte est très bien ficelée et nous tient en haleine. Une seule envie à la fin, en apprendre plus sur Célestopol, cette cité steampunk installée sur la lune. Les descriptions permettent bien de se l’imaginer, mais je serai ravie de voir des illustrations de cette ville.

 

  • Dans la brume

Autre nouvelle, nouveaux personnages, nouveau genre, nouveau thème. Nouvelle exploration de Célestopol, nouveau plaisir.  Ambiance mafia italienne, histoire de famille et règlement de compte. Avec quand même quelques monstres et l’introduction de cette étrange matière, le sélénium.

 

  • Les lumières de la ville

Les humains font la chasse à l’automate et l’auteur nous fait réfléchir à l’esclavagisme. Une nouvelle presque poétique. On en apprend plus sur l’origine du sélénium, mais à quoi sert-il  ? En tout cas, quel que soit le thème, Emmanuel Chastellière maîtrise son récit et son écriture, pour le plus grand plaisir du lecteur.

 

  • Les jardins de la Lune

Une nouvelle surprenante, dont je n’ai pas venu venir la chute, assez atroce. Ici il est question de jardins, de vignobles…. Au début, je me suis interrogée sur son utilité, ayant au premier abord peu accroché. Et puis, il y a la fin, qui révèle un pan du caractère cruel du Duc Nikolaï  qui règne sur Célestopol.

 

  • Oderint dum metuant

Ou comment le Duc prend le pouvoir grâce à une stratégie hautement réfléchie et perverse. Il va berner la « mère patrie » russe, avec l’appui d’un mystérieux conseiller, Grégori. Celui-ci a comme un air de Raspoutine, mais nous ne saurons pas qui il est.  Une nouvelle pivot dans le recueil.  Beaucoup d’actions dans ce texte explosif.

 

  • Une note d’espoir

Une nouvelle plus légère. Une histoire d’amour et de vieux mythe russe. La danse classique se mêle à Baba Yaga pour notre plus grand dépaysement. Une nouvelle qui apporte un peu plus à l’univers de Célestopol mais sans grande révélation.

 

  • Le boudoir des âmes

Un texte qui met en exergue les contradictions humaines. Les humains veulent absolument attribuer des sentiments humains aux automates, tout en leur refusant tout droit, au prétexte qu’ils ne seraient que des machines. A cette occasion, on en apprend plus sur les étranges automates de Célestopol.

 

  • La douceur du foyer

Cette fois-ci l’auteur s’attaque à la mythologie Islandaise et nous raconte une histoire du genre : le retour de poltergeist. Les protagonistes sont la chasseuse de prime et son collègue l’ours qui héberge un esprit humain. Ce duo improbable nous embarque dans ses aventures pour une nouvelle distrayante. J’ai surtout apprécié la partie sur la mythologie.

 

  • La danse des libellules

Catégorie policier, film de braquage, nous voilà ! Un peu trop de rebondissements pour moi dans cette histoire à tiroir. Je l’ai trouvé un peu longue et sans beaucoup d’apport à Célestopol (je chipote, on en apprend toujours un peu sur un sujet, comme les automates dans ce cas).

 

  • Convoi

Waouh ! Une de mes nouvelles préférées de ce recueil. Emanuel Chastellière nous propose de la très bonne SF avec boucle temporelle, laboratoire abandonné, voyage dans le temps, convoi perdu au milieu de nulle part… en partant d’un road trip à bord d’un train, il nous livre quelques bribes de l’histoire de Célestopol.

 

  • Le chant de la Lune

Étonnante  nouvelle alliant un univers très structuré (avec enquête, intrigue, rebondissement, rébellion) à une partie complètement WTF à la baron de Münchhausen.  Certains personnages de l’ombre réapparaissent, certaines cases s’assemblent dans l’histoire de Célestopol et l’on voit passer une cloche volante…. (vous ne comprenez pas? C’est normal, il faut lire le texte 😉 ).

 

  • Fly me to the moon

Où l’on découvre la face cachée de Célestopol, ses bas-fonds. Autant la partie visible de Célestopol est magnifique, autant la partie cachée est misérable. On découvre enfin le fin mot de l’histoire sur l’utilisation du sélenium et sur les automates. Une nouvelle pleine de surprise avec une fin à laquelle je ne m’attendais pas.

 

  • Tempus fugit

La nouvelle, presque finale, où tout nous explose à la figure : qui est le duc, qu’est-ce qui va se passer à Célestopol… J’avais envie que la fin soit différente, mais là ce n’est pas moi qui choisit.

 

  • Le roi des mendiants

Le dernier. Il n’en restera qu’un. Mais qui ? Un texte qui conclue très bien le recueil, avec un automate à la place de Lucky Luke et l’envie de lire encore des histoires sur Célestopol.

Pour conclure,

Je n’essaierai pas de faire une synthèse de toutes ces nouvelles.  Elles sont toutes assez uniques, attaquant des genres littéraires différents. Chacune révèle un bout de l’univers complexes qu’est Célestopol, pour former un tout passionnant. J’ai adoré.

La chronique de mon partenaire de lecture commune.

 

D’autres avis chez : DupCélineDanaéeXapurLorhkanBibliocosme, Lhisbei, Au Pays des Cave TrollsLutin82 

14 réflexions sur « Célestopol de Emmanuel Chastellière »

  1. En ce moment, j’avoue que je ne dirais pas non à des recueils de nouvelles pour le côté « reposant » des histoires courtes (ce qui n’empêche pas qu’elles puissent être intenses).

    Ce recueil-ci m’a l’air bien sympa, varié dans les genres et les thèmes. Je crois que ça me botterait de le lire.

    Merci pour la découverte 🙂

  2. groumpf ! où est passé mon commentaire ? Bon, je recommence ( enfin j’ai oublié ce que j’avais écrit mais cela devait donner à peu près ça :). La couverture m’attire beaucoup (mouais je deviens comme ça en vieillissant 😉 ) et le côté steampunk aussi. En ce moment j’ai bien envie de lectures courtes alors le format de la nouvelle me convient bien, je pourrai les lire à mon rythme, même si j’ai bien compris qu’elles forment un tout.Tu nous apates avec ton : il n’en restera qu’un, mais qui ? 😉

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