Station : La chute de Al Robertson

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Auteur : Al Robertson – Traduction : Florence Dolisi – Editions Denoël, collection Lunes d’encre –  Parution : 19/01/2018  – 480 pages – Prix : 23€ – Genre : Science Fiction, Cyberpunk, polar

Quatrième de couverture :

Après sept ans de Guerre Logicielle entre les intelligences artificielles rebelles de la Totalité et l’humanité – dirigée par les dieux du Panthéon, des consortiums qui se manifestent très rarement à leurs adorateurs –, la Terre n’est plus qu’un gigantesque champ de ruines. La plupart des humains ayant échappé au conflit vivent à bord de Station, un immense complexe spatial.
Jack Forster a combattu les IA de la Totalité pour le compte du Panthéon, secondé par Hugo Fist, une marionnette virtuelle, un logiciel de combat ultra-sophistiqué installé en lui. Considéré comme un traître parce qu’il s’est rendu à la Totalité, Jack revient des confins du système solaire pour laver son honneur et trouver sur Station les réponses aux questions qui le taraudent depuis sept ans.
Mais le temps presse : le contrat de licence de Fist arrive bientôt à échéance ; au-delà, c’est la marionnette qui prendra le contrôle, effaçant irrémédiablement l’esprit de Jack, le condamnant au néant.

Mon avis :

Mais qui est cet auteur me direz-vous ? Un « ptit » nouveau car après plusieurs nouvelles, il signe ici son premier roman. Vous pouvez en apprendre plus dans l’interview réalisée par Gromovar. Sans l’avoir lue, c’est la quatrième de couverture qui m’a donné envie de lire le livre. Cette histoire d’IA, de dieux, de guerres… m’ayant plus qu’intriguée.

Et je ne fus pas déçue. Le début du livre s’ouvre sur un dialogue entre Jack et la marionnette qui l’habite, Fist. Immédiatement nous comprenons que la relation qui les unit est particulière (vous me direz qu’il y a de quoi, la marionnette étant hébergée dans le corps de Jack). Leur arrivée sur Station nous fait découvrir la façon dont vivent les humains dans ce complexe spatiale. J’avoue que j’ai eu besoin d’un petit temps d’adaptation le temps d’ingérer toutes les informations et de comprendre comment ce monde fonctionne.

Une des richesses de ce livre est justement cet univers cyberpunk. Les Intelligence Artificielle sont partout, la vie est comme dématérialisée. Les humains sont connectés à la « trame » à travers laquelle ils voient le monde,  sentent, entendent. Elle vient enrichir un monde morne et gris, gommer les indésirables. Ainsi les sweatés (drogués défigurés par la consommation du sweat ) n’apparaissent pas dans la trame. Les consciences sont copiées et à la mort d’une personne, sa famille peut le faire revenir sous la forme d’un revenant, sorte de projection de l’être disparu, habité par l’IA issu de sa conscience. Enfin, il y a les dieux, que j’ai encore du mal à définir, un mélange de consortium économique et d’IA toute puissante, qui décident de la vie de leurs « sujets ».

Mais l’histoire dans tout ça ? Là ce sont les amateurs de polar qui vont être ravis. Jack va mener une enquête, pleine de rebondissements, afin de découvrir pourquoi en tant que comptable, il a été écarté d’une enquête administrative pour être propulsé combattant contre la totalité. Elle va le mener très loin, dans le repère même des dieux.

Si l’histoire est entraînante, c’est le duo Jack/Hugo qui va la pimenter. On a l’impression qu’Hugo a été créé pour torturer Jack. Il est comme un petit diable toujours derrière son épaule, à critiquer ce qu’il fait. Ses idées sont souvent celle d’un psychopathe, indifférent à la conséquence ses actes, prendre des pincettes, il ne connaît pas. Une véritable tête à claque, que l’on finit par apprécier.

Pour conclure, une fois l’univers de Station bien compris, je me suis régalée avec cette lecture. L’univers cyberpunk est bien construit, les interfaces réalité – monde virtuelle sont bien exploitées. L’enquête que mène Jack est prenante et le duo qu’il forme avec Hugo enrichit le tout.

« Pourquoi n’ont-ils pas fait appel à un spécialiste de l’InSec ?
— C’était la volonté de Grey. Je n’ai pas cherché à en savoir plus. »
[C’est pas ce que tu m’as dit], lui fit remarquer Fist.
[La ferme !]
« Quand vous a-t-on affecté à des missions hors système ?
— Après l’attaque contre la Lune. L’affaire Penderville avait été reléguée au second plan. Si j’ai bien compris, elle n’a jamais été résolue.
[Tu ne lui parles pas de tes théories complotistes, Jackie boy ?]
[Non. Tais-toi, bon sang !]

D’autres avis chez : Blackwolf, Lutin82, Lorhkan

 R

5 réflexions sur « Station : La chute de Al Robertson »

  1. En effet, très bonne surprise ce premier roman d’un « ptit nouveau » 😉 ! Le personnage d’Hugo m’a tapé sur les nerfs plus d’une fois mais j’ai beaucoup apprécié les échanges entre Jack & lui ; ils donnent du rythme à cette histoire.

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