Vampires à contre-emploi anthologie dirigée par Jeanne-A. Debats

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Auteur : Ugo Bellagamba, Simon Bréan, Philippe Curval, Olivier Gechter, Thomas Geha, Raphaël Granier de Cassagnac, Marianne Leconte, Christian Léourier, Olivier Paquet, Timothée Rey et Christian Vilà  – Edition : Mnémos – Parution : février 2014 – 212 pages –  Prix : 16€ – Genre : anthologie, SF

Quatrième de couverture :

De tous les mythes dont écrivains et conteurs d’histoires se sont emparés afin de nous réjouir de nouvelles sagas, de nouveaux rêves, le vampire est peut-être le seul qui doive presque tout à l’art et aux genres de l’Imaginaire.
Bien que ses glorieux ancêtres hantent nos traditions populaires les plus antiques, ceux-ci n’ont rien de commun avec le dandy en frac qui se 
pourlèche les babines sur les écrans ou les étals des librairies. Spectres transylvaniens, ou miroirs où se reflètent nos visages à peine 
déformés, c’est la plume ou le pinceau de nos créateurs qui ont tracé les contours de son visage, narré ses moeurs, ses coutumes, inventé ses craintes et joué sur ses désirs autant que les nôtres.
Le vampire est notre créature autant que notre prédateur favori. Et il est libre. Fascinant.
C’est peut-être cette liberté qui a décidé onze auteurs, que rien dans leur oeuvre ne destinait à rencontrer le vampire, à enfin franchir le pas et nous livrer leur version du vampire moderne, du vampire trans, post ou même méta humain.
Pour fêter les dix ans du festival de Sèvres et comme lui marier tous les genres de l’imaginaire, Ugo Bellagamba, Simon Bréan, Philippe Curval, Olivier Gechter, Thomas Geha, Raphaël Granier de Cassagnac, Marianne Leconte, Christian Léourier, Olivier Paquet, Timothée Rey et Christian Vilà ont pris leur plume de Science-fiction à rebours, à contre-emploi ; ils ont contemplé l’amour monstre dans les yeux et l’ont planté tel un drapeau face aux feux du soleil.

 

Des histoires de vampires? Oui mais pas des classiques! Ici ce sont des auteurs de science-fiction « néophytes en termes d’écriture vampirique » qui s’y sont collés, pour l’anthologie des 10ème rencontres de l’imaginaire de Sèvres. Le tout orchestré par Jeanne A. Debats. Il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité et je me remercie Babelio et les Editions Mnémos pour m’avoir donné l’opportunité de le lire.

 Mon ressenti :

  • Pire que le Vent de Philippe Curval 

Cette première nouvelle a bien sa place en début d’anthologie. En effet, elle introduit assez tardivement le concept du vampire. Elle nous plonge tout d’abord dans un monde futuriste, où chacun stocke son argent dans son cerveau. Devinez ce que vont sucer les vampires…  Ceux-ci servent surtout de prétexte pour mettre en exergue le pouvoir négatif de l’argent. J’ai bien aimé l’idée d’une mafia extra-terrestre, par contre j’ai été moins conquise par l’écriture.

  • Quelques Moments dans la vie d’un homme d’affaires de Christian Léourier

Une nouvelle qui confirme que j’adore l’écriture de Christian Léourier. Le vampire dans sa représentation des plus traditionnelles se retrouve l’esclave de notre société consumériste. Qui est vraiment le vampire, le strigoï archaïque ou l’homme d’affaire ambitieux? On retrouve ici des idées en lien avec la première nouvelle. J’ai trouvé vraiment bonne l’idée du traitement de jeunesse miracle (kesako? Pour avoir la réponse il faut lire la nouvelle!).

  • Trou Noir contre Vampire d’Olivier Paquet : 

Le vampire est abordé d’une manière très originale. Dans cette histoire, pour avoir une « vraie » vie, il faut être plongé dans les réseaux sociaux (une idée plutôt à contre courant de ce que l’on peut entendre habituellement). Forcément c’est à celle-ci que le vampire s’attaque. Si la fin ne m’a pas totalement convaincue, la nouvelle m’a donné envie de découvrir d’autres textes de l’auteur. 

  • Femme Fatale de Marianne Leconte

Une vampire mi-être vivant mi-machine, sorte d’arme de guerre. Une nouvelle avec une grosse dose de sensualité, un poil de lubricité et beaucoup de sang. Un brin déstabilisante.

  • Les ravageurs de Christian Vilà

Cette nouvelle, plus centrée sur les rapports humains, m’a beaucoup plus. Elle décrit, en parallèle, la vie d’un homme devenu vampire, ainsi que sa relation avec sa maîtresse et l’amitié improbable entre un dessinateur de BD sans le sous et une gentille veuve, bien sous tous rapports. Le vampirisme arrive comme par erreur et le lien entre ces deux histoires nous est présenté.

  • Les Miroirs de l’Éternité de Simon Bréan

Les vampires vampirisés, à chacun son tour! L’idée mériterait d’être plus développée, j’ai donc été frustrée par la longueur du texte. Science fiction et vampire se mêlent parfaitement dans cette nouvelle.

  •  Icare Hermétique de Ugo Bellagamba

Waouh! Voilà une nouvelle qui vous file une sacrée claque! J’ai été captivée par l’écriture. Cette nouvelle présente un futur qui pourrait être envisageable, l’homme ayant un esprit tellement tordu pour nuire à ses prochains. Ici les condamnés sont transformés en vampire pour être esclave à vie sur des planètes inhabitables. Rendus monstrueux par les hommes, ils sauront leur rappeler qui sont les véritables monstres par un sacrifice ultime. Il ne me reste plus qu’à découvrir les livres de l’auteur.

  •  S’il te plaît, désenzyme moi un inMouton de Timothée Rey

Gros échec avec cette nouvelle, je n’ai pas du tout accroché à l’écriture. Pourtant celle-ci vaut le détour ! La narratrice est une intelligence artificielle qui parle en alexandrin dans un vocabulaire argotofuturiste, rien que ça. On retrouve ici la quête de la jeunesse et de la santé, mêlée à la création du vampire. De très bonnes idées, mais un gros blocage à mon niveau sur le style. 

  • La Cure d’Olivier Gechter

Une très bonne idée portée par une écriture qui m’a séduite! Le sang de vampire est utilisé pour pouvoir voyager dans l’espace, celui-ci étant plus résistant que le corps humain, sensible aux radiations. Une fois de plus, c’est le concept du vampire utilisé comme esclave qui est utilisée. Mais attention, tel est pris qui croyait prendre…

  •  La Vampire et Elle de Thomas Geha

Un texte très esthétique, poétique, qui met en scène un vampire sur un air de fin du monde. Il crêt sa compagne à partir d’une victime sacrificielle. Qui est-elle, d’où vient-elle? Où sont-ils? Nous n’en saurons pas plus et c’est dommage.

  • Beaucoup y Ont Cru de Raphaël Granier de Cassagnac

Une nouvelle qui explique tout ? Vampires et autres créatures ne seraient que les monstres que l’on sort à Halloween. J’avoue, je me suis fait prendre au départ. Une nouvelle qui clôture cette anthologie sur un brin d’optimisme, mais peut-être un peut trop gentille.

 

La post-face de Jeanne A.Debats n’est pas une nouvelle a proprement parlé. Mais elle est essentielle dans ce recueil. Elle donne au lecteur une vision synthétique de l’ensemble de l’anthologie, tout en ouvrant le débat sur ce qu’est le vampire… passionnant.

Au final, une anthologie très intéressante de part la variété des styles, des idées ou des univers présentés. Certaines nouvelles m’ont vraiment touchée, d’autres m’ont laissée plus indifférente. Une lecture globalement positive et qui m’a permis de découvrir de nouveaux auteurs.

 

D’autres avis chez : Blackwolf, Lune

 

n°13

3 réflexions sur « Vampires à contre-emploi anthologie dirigée par Jeanne-A. Debats »

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