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Auteur : Richard Matheson – Edition : Folio SF  – Parution : 02/04/2010 – 228 pages – Prix : 6,20€ – Genre : Science fiction

Quatrième de couverture :

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie.
Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil…

Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme.

Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

 

 

 Je n’ai jamais lu de livre de Matheson, alors autant attaquer par un classique

 

Mon ressenti :

Le récit débute en janvier 1976 par une scène de la vie quotidienne de Robert Neville : barricader la maison, installer des chapelets d’ail, faire des pieux… Cette description est très efficace, immédiatement le lecteur sait à quoi se tenir, le héros tente de survivre dans un monde peuplé de vampires. La banalité de sa routine (à part les allers retour au feu pour se débarrasser des corps de vampire) nous rapproche de Robert et on peut se poser la question de comment se déroulerait nos journées dans cette situation ? Cela parait plus que logique de réparer son habitat, s’occuper de la nourriture… Nous allons suivre la vie de robert  sur 3 ans, 3 ans sans parler à un autre être humain…  3 ans de réflexion, d’état d’âme, de recherches.

Je ne veux pas en dévoiler trop car l’histoire est vraiment très intéressante dans sa progression. L’écriture de Matheson rend ce récit probable et très réaliste, il s’agit bien de science fiction et pas de récit fantastique même s’il est fait état de vampires. Les thèses présentées concernant les vampires sont également passionnantes. L’auteur ne fait jamais d’erreur dans son histoire, il n’y a jamais de couac qui viendrait démonter le fil narratif. 

Même si l’on peut se tenir à une lecture qui serait basée uniquement sur l’histoire de Robert, de la disparition de l’humanité et de sa lutte contre les vampires ; la lecture peut atteindre un tout autre niveau avec une réflexion sur la définition du monstre, de la norme. Le tout habilement amené.

Le personnage principal est terriblement humain, avec ses défauts, ses envies, ses besoins (de contact humain, voir de contact tout court). On ne peut avoir que de la compassion pour lui, perdu au milieu de prédateur. Je me suis demandé comment il arrivait à tenir, à ne pas tout arrêter. question apparemment légitime puisqu’il se la pose aussi.

Au final, cette lecture m’a enthousiasmée. Le livre est très bien écrit, l’auteur mène son récit d’une main de maître. L’histoire n’est jamais bancale et très intéressante. Et le tout n’a pas pris une ride depuis sa parution. A lire ! C’est sûr je vais lire d’autres livres de Matheson.

P.S. : il y a bien un film qui a le même nom, mais ils n’ont en commun que le nom .

 

« Plutôt que de continuer à souffir , il s’était fermé à toute introspection. Désormais, le temps se réduisait pour lui à la seule dimension du présent, un présent tout entier fondé sur la survie, ignorant les sommets de la joie comme les abîmes du désespoir. Il avait la sensation de se rapprocher du règne végétal, selon son désir. »

 

D’autres avis chez : Cornwall, Lorhkan

Session  : je N°6    N°29