Saint-Elme, tome 1 : La vache brûlée de Serge Lehman et Frederik Peeters

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Auteur: Serge Lehman, Dessinateur: Frederik Peeters – Edition : Delcourt , collection Machination- Parution : 13/09/2021  –  80 pages – Prix :16.95€  – Genre : policier

Quatrième de couverture :

Le détective Franck Sangaré, accompagné de son assistante, l’étrange madame Dombre, débarquent à Saint-Elme, une petite ville de montagne réputée pour son eau de source. Ils sont sur les traces d’un fugueur disparu depuis trois mois : enquête apparemment facile. Sauf qu’à Saint-Elme, tout le monde vous le dira : « Ici, c’est spécial ».

Mon avis:

J’ai découvert Frederik Peeters avec Aâma en 2013. Si l’histoire m’avait plu, je n’avais pas été complètement convaincue par le dessin. Babelio m’a donné l’occasion de le retrouver, avec cette fois-ci Serge Lehman au scénario.

Le récit démarre très rapidement avec plusieurs morts assez violentes, on peut dire qu’on est plongé brutalement dans l’histoire, de façon efficace. Amatrice de polars, cela a tout de suite titillé ma curiosité.

Après cette scène, changement de décors avec l’arrivée de l’enquêteur Franck Sangaré à  Saint-Elme, petite bourgade sur la montagne. Le « ici tout est spécial », s’illustre par une pluie de grenouille dont j’avoue ne pas avoir compris le pourquoi du comment. J’imagine que cela sera expliqué dans un futur tome. Il cherche une personne disparue depuis plusieurs mois et va être aidé par Madame Dombre. Petit à petit en parallèle de son enquête, nous allons découvrir les lieux, les protagonistes.

Ce tome est introductif, il pose plus de questions qu’il ne répond à nos interrogations. Le récit est très bien mené et nous donne envie de connaître la suite.

Qu’en est-il du dessin ? Les visages sont très expressifs, le trait donne du mouvement aux personnages.

Mais j’ai été surprise et un peu dérangée par l’utilisation des couleurs: du rouge, du violet sur des cases entières. Même si cela donne du rythme au récit.

Pour conclure, l’histoire m’a intéressée, j’ai envie de connaitre la suite, mais je n’ai pas accrochée à l’utilisation des couleurs.

Aâma T2 la multitude invisible de Frederik Peeters.

L’histoire :

Ce second  tome est la continuité du tome 1, vous ne pourrez donc pas faire l’économie de la lecture du premier tome avant d’attaquer celui-ci. Ceci dit ça serait vraiment bête de s’en priver. Nous retrouvons donc Verloc qui s’est réveillé amnésique sur une lointaine planète quasiment déserte, avec pour seule compagnie, Churchill, un robot à forme de singe. Il retrace ses jours passés en lisant son journal intime. On apprend qu’il est arrivé sur cette planète avec son frère (qui souhaite profiter du voyage pour sortir son frère aîné Verloc de ses ennuis), en l’accompagnant dans une des missions de celui-ci : récupérer une mystérieuse « soupe » nommée Aâma.

Mon ressenti :

En quelques mots, en quelques images, Peeters nous plonge dans son univers. Le héros chemine en tentant de rejoindre la seule colonie de la planète et le lecteur chemine le long du passé de Verloc au fur et à mesure de la lecture de son carnet de voyage. Sorte de feet-movie avec une toile de fond de SF. L’intrigue m’a tenu en haleine et je suis restée sur ma faim en demandant « la suite! » à la fin.

La recette? Un scénario très bien construit, qui n’est jamais bancale. L’usage du flashback est très bien maîtrisé et permet au lecteur de découvrir la trame de fond de cette histoire et l’état de la société . J’ai même eu l’impression dans un premier temps, que le texte portait le dessin .

En effet, je ne suis pas complètement convaincue par le dessin de Peeters, principalement par les visages. Ils sont très expressifs et transmettent très bien les émotions des personnages, mais il y a un je ne sais quoi qui me gêne, un trait un peu lourd peut-être. Par contre j’aime beaucoup les paysages et les couleurs, il nous plonge dans cet ailleurs de la galaxie. Un effet petite madeleine aussi, ils m’ont rappelé les couleurs des bandes dessinés des années 80, comme dans Le vagabond des limbes ou Philémon.

Les personnages de Aâma ont tous leur propre caractère et dépeignent les différentes façons de vivre, d’appréhender les progrès scientifiques. A travers eux Peeters nous entraîne dans une réflexion sur la société, sur le libre arbitre. Le lecteur peut aussi juste prendre plaisir à découvrir Churchill, singe à l’extérieur, mais robot super héros à l’intérieur.

En conclusion, Aâma est une bande dessiné avec plusieurs niveaux de lecture. Pour ma part je me suis laissée portée par l’aventure et je suis curieuse de connaître la fin de l’histoire. La réflexion sous-jacente sur l’humanité, le dessin orignal, les couleurs riches et bien sûr le scénario bien ficelé… j’ai compris sans soucis pourquoi Aâma a gagné le prix de la série lors du dernier festival d’Angoulême. Pour cette lecture ma note est de 16/20.

Mercci à Priceminister de m’avoir fait découvrir cette série, grâce à l’action Le BD fait son festival, toutes les informations en cliquant sur la bannière ci-dessous et bientôt le palmarès des lecteurs de Priceminister.